Je sens qu’il va falloir – Bernard Dimey

 

Je sens qu’il va falloir chanté par JeHan

Je sens qu’il va falloir bientôt changer d’église
Et changer de bistrots, de femmes et de copains,
Tout de suite après boire aller faire sa valise.
Fini le mal de vivre et de gagner son pain…

Pourtant j’ai de la peine à sentir, à comprendre,
Lorsque tout se défait, l’effet que ça fera…
Je sens qu’il va falloir que je m’y laisse prendre,
Un grand coup d’épouvante et tout s’engloutira.

La vie c’est merveilleux, bien sûr quand c’est vivable.
On se nourrit de peu, mais un peu tous les jours.
Je voudrais vous offrir un gisant présentable…
Je sens qu’il va falloir bientôt changer d’amour,

Essayer de franchir la muraille du songe,
De faire quelques pas tout seul et prudemment
Parmi de purs esprits délivrés du mensonge,
Irréels et présents, comme dans les romans…

C’est assez rassurant d’imaginer la suite
Et de s’y ménager le gîte et le couvert,
Un paradis joyeux où l’on prendrait sa cuite
Sans avoir à payer l’archange qui vous sert.

Je sens que le jour vient de la nuit qui s’installe,
Une superbe nuit, sans planète ni rien
Où j’irai naviguer, visiter les étoiles
Et parler de la terre où l’on était si bien.

Il se pourrait fort bien que cette nuit peut-être
Je m’écroule au milieu de ma salle de bains.
N’allez pas réveiller les flicards ni les prêtres,
Un simple coup de fil à deux ou trois copains…

J’aime qu’on m’aime un peu, cela n’a rien d’étrange,
Grâce à Dieu, quelques-uns le savaient par ici.
Avant de m’en aller faire le con chez les anges,
Dois-je vous dire adieu, au revoir ou merci ?

— Bernard Dimey — musique : JeHaN Cayrecastel — Éditions Paroles de Dimey